Je m’émerveillais, hier encore , qu’en une seule cérémonie de clôture de la Coupe du Monde de football — et via les câlins poupards de Kolinda Grabar-Kitarović — l’image de la Croatie soit passée de Jasenovac* à Samantha Fox. La Croatie est devenue sexy. C’est, en l’occurrence, bien joué , à tous les sens du terme. Entendons-nous : j’ai horreur du football. De tous les sports collectifs (rien que ça : « collectif »… abominable épithète qui évoque – précisément – une fête des moissons en Croatie dans les années 50), le football est le plus démocratique. Je le hais donc a priori . Et, de fait, le football est haïssable parce qu’il porte – plus qu’aucune autre discipline – l’idée de « sportivité », c’est-à-dire de « valeurs » telles que : respect de l’adversaire, de l'arbitre, des règlements – refus de la violence – acceptation de la défaite, etc. En quoi ces valeurs sont-elles donc valables, grands dieux ? En quoi peuvent-elles même coexister avec l’idée de compétitio...
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