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Articles

Unfashionable

Replié dans le château familial, qui sera notre bunker jusqu’à l’automne. J’avais, en arrivant, fait le vœu de ne plus adresser la parole à quiconque n’appartient pas au domaine. Bien sûr – opposition classique – cinquante paysagistes ont instantanément surgi, brandissant d’épouvantables factures consécutives à de récents et indispensables travaux de restauration dans le parc. I. – Beau boulot, les gars, observé-je de mon accent le plus gentleman farmer , l’hiver ne nous a pas loupés, hein ?... – Justement, me réplique-t-on, si vous pouviez faire le nécessaire… parce que comme je disais à votre père au téléphone, on a quand même eu de gros dépassements… (Je regarde la note et constate que le sympathique artisan ne nous loupe pas lui non plus) – Le nécessaire, dites-vous ? – Ben, payer… – Ah. Vous voulez être payé. Très bien. Vous serez payé. – Quand ? – Et vous voulez savoir quand ? – Oui ! – Vous êtes bien curieux… Et cela tous les jours , car Papa inte...

Sol in Taurus

  Maximes, aphorismes et pensées pour un Ménage de Printemps optimal Les gens trouvent étrange mon rapport aux femmes. Ils ont tort. La polygynie, c’est l’esprit de famille. J’ai potentiellement fondé quatre ou cinq familles depuis le début de l’année. J’ai reçu un commentaire anonyme qui me reprochait de ne pas dire mon nom. Rien n’est plus drôle à lire que : « Je parie que tu n’auras pas les couilles de dire ton nom, signé : Anonyme ». Parlant de couilles, je reçois aussi les épîtres violents d’un névropathe et fétichiste shumulomane, qui font invariablement état du projet de me « couper les couilles », de m’« arracher les couilles », voire de me « faire bouffer [mes] couilles » – ce qui m’amène à me demander : quelle sorte de couilles ce bénéficiaire de COTOREP, victime de l’exclusion, issu de la diversité, – ou, pire encore, d’Europe de l’Est, – m’imagine t’il ?... Quel genre de testicules le hante dans son sommeil ?... S’agit-il de burnes à turbopropulseur, qui roule...

De la Diététique

A Jean Anthelme Brillat-Savarin Je ne serais pas étonné d’apprendre que le sucre blanc, le foie gras et la charcuterie guérissent le cancer – v oici pourquoi : les adeptes du nutritionnisme, qui cherchent à nous communiquer leur sinistre vision de l’existence, basée sur le tofu, l’endive et les graines de manioc, sont particulièrement remontés à leur sujet – or tous les adeptes du nutritionnisme sont des masochistes – comme la plupart des masochistes souhaitent secrètement mourir, et qu’il apparait de plus en plus clairement que le cancer est une forme de destruction auto-générée, on a de fortes chances de l’éviter en prenant note de ce que recommandent les nutritionnistes et en faisant le contraire . Il y aura toujours trop de masochistes ici-bas – l’écrasante majorité de la population appartient à cette catégorie (comment croyez-vous que se perpétue le christianisme ?... et qu’est-ce qu’un adepte du nutritionnisme sinon un Faible qui chipote c...

Éloge du Laudateur

On m’a reproché hier soir mon « besoin d’avoir une cour ». Mais je suis moi-même un courtisan. Un laudateur. Un fan. Une vraie groupie. Quand j’admire quelqu’un, je suis, tenez-vous bien, capable de l’avouer , et même d’en donner les vraies raisons . Que dis-je ? je puis non seulement parler, mais écrire à son sujet — et il n’a même pas besoin d’être mort ! En fait, on peut dire de moi que je suis le groupie de toutes les personnes que j’aime. Cela correspond à ma définition du bien et du mal : « le bien c’est ce que j’aime, le mal ce que je n’aime pas. » Je déplore que ceux qui donnent un sens péjoratif au mot « admirateur » se méprisent eux-mêmes au point de ne pouvoir apprécier quelqu’un plus de trois minutes : la survie du, disons, « personnage social » auquel ils se cramponnent comme des noyés leur impose de dénigrer le monde. Personnellement, je suis effaré par ce besoin qu’a...

La Miaule

Contrairement à ce que tout le monde croit, ma vie ne se passe pas seulement à m’habiller, à me gaver de coke et à me faire sucer par des employées de maison. Il m’arrive d’avoir des activités graves. Par exemple, j’achève à l’instant la lecture d’un traité d’astrologie karmique, signé Irène Andrieu*, qui m’a bien donné à penser. J’en ai tiré tout un tas de réflexions personnelles, qui paraîtront complètement niaises aux spécialistes, et j’espère en apprendre davantage.   Le karma est une loi aussi peu sentimentale que celle de l’attraction terrestre. Par exemple, sa compensation est telle dans l’univers que je crois devoir le bonheur général de ma vie à mille petites contrariétés. C’est peut-être comme ça que j’ai échappé à tant de dangers et que je me porte si bien. Voici la liste de mes petits malheurs. Quand je perds au poker en partie privée, je paie rubis sur l’ongle. Quand je gagne, on me doit. Quand je me porte garant, on ne paie pas : des Libana...

School Days

À Blaise Pascal et Janson de Sailly « Heureux, trois fois heureux jours de l'ardente jeunesse ! » — Edward Sellon C’était — comment l’ignorer ? — la rentrée des classes il y a quelques jours… Heureux jeunes gens qui venez de retrouver les cours et pour qui l’école est encore une réalité quotidienne !... Profitez-en pour faire une belle provision de souvenirs !… La vie est longue… Je gambadais la semaine dernière du côté de ma chère vieille École Pascal et du vénérable Janson. (Je gambade souvent. J’aime gambader. Dès que j’ai un peu de temps à moi, je gambade. En fait, cette manie m’a fait réformer.) A la vue de mon collège et de mon lycée se remplissant d’élèves, quelque chose comme une bouffée de nostalgie a gonflé mon cœur trentenaire… Que c’est loin tout ça !... Et quels airs contristés ont nos présents potaches !... Il semble bien que la jeunesse de 2009 considère la scolarité, soit comme un genre de pré-kolkhoze, soit comme la salle d’attente du monde intelligent… et...

À Outrance

Parmi toutes les villes d’eau dans lesquelles personne ne va jamais en cure, j’ai un faible marqué pour Divonne-les-Bains, agréable enclave française en Suisse, essentiellement vouée au jeu et à la fraude fiscale. Je viens d’y passer sept jours de pures délices, à jouir, aux rares instants où je m’oxygénais, des bienfaits innombrables de son air alpin — je suis comme neuf  :) Une semaine, donc, exclusivement consacrée au Texas Hold’em — Table à 500 euros — Gain net : 19906 euros — Si j’étais marié, je ne serais pas tranquille… Mon amour pour ce hameau de rentiers, dont le mètre-carré est le plus cher de France, ne vient pas seulement de ce qu’on y croise peu de pauvres — il vient d’une idylle de jeunesse, de ma passion pour une sublime divonnaise, élève à Ferney-Voltaire, que je venais retrouver chaque week-end, et avec qui j’épuisai en quelques mois toutes les possibilités qu’offre l’érotisme humain en fait de lieux d’ébats, d’innovation, de posture...

La Taille de ton Flingue

Quelques e-mails surnagent de mon courrier du jour.  Dans le premier, un chaleureux "Juju", militant CPNT, qui me dit avoir "bien aimé [mon] truc" (jusque là, c'est un peu trouble...) sur les "quatre raisons de se réjouir" (cf. 10 juillet), "surtout la fin" (sic — le reste, c'est de la merde — merci Juju) le "passage sur" (Juju, c'est trouble à nouveau) "[...] Charlton Heston PTDR", me demande si je suis "vraiment grand veneur" ou si "c'est par provocation". Sache tout d'abord, Juju, que j'ai horreur de la provocation, sous toutes ses formes. Ensuite que oui, je suis un fondu, un maniaque, un freak de chasse à courre. Si le meilleur robinet de notre château — une gigantesque baraque féodale entourée de bois profonds — reste sa toiture, je suis, en revanche, assez fier de l'équipage que j'y entretiens. J'ai servi mon premier sanglier à...